ESPRIT PSY

L’hypersensibilité est une caractéristique, pas une personnalité!

L’hypersensibilité est un sujet qui peut pousser à faire des amalgames. Le premier serait de faire de la caractéristique d’hypersensibilité une carte de visite, une donnée qui réduirait l’individu à une caractéristique unique.
Ce serait à mon sens très réducteur, générateur de confusion.
En préalable, concernant les ressentis en lien avec l’hypersensibilité, comme pour toute autre caractéristique, il y aura sans doute de multiples témoignages possibles et gardons à l’esprit que les facteurs de vie ne peuvent pas être calqués d’une personne à l’autre. Ainsi l’hypersensibilité d’une personne ne sera pas l’hypersensibilité d’une autre personne, ce qui rend d’ailleurs le concept si propice aux discours affirmatifs de tout un chacun.
Pour avoir pris le temps de lire de nombreux témoignages depuis plusieurs années, il me semble que certaines personnes, sur les forums regroupant des personnes dites hypersensibles, oublient bien souvent que l’hypersensibilité:
– est définie comme une caractéristique,
– ne définit donc nullement une personnalité ni une orientation des ressentis émotionnels
– n’est pas une pathologie et n’est pas la cause de pathologies annexes.
Si l’on perd de vue cela, on pourra projeter/superposer sur une hypersensibilité beaucoup de choses.
Or lorsqu’on considère le parcours de vie exprimé par certaines personnes, elles semblent en difficulté pour différencier la caractéristique d’hypersensibilité, d’une part, et de l’autre l’ensemble des autres paramètres qui influencent leur vécu émotionnel et sensoriel.
Je le redis, ces paramètres n’empêchent nullement la caractéristique d’hypersensibilité d’être présente et de s’exprimer comme amplificateur si cette dimension est effective chez un individu (j’en profite pour rappeler que l’hypersensibilité n’est d’ailleurs pas forcément d’avoir toutes les dimensions à  »taux maximum »…)
Pour ne citer que quelques-uns des paramètres, indépendants les uns des autres, ou pour certains cumulés entre eux, qui peuvent exacerber depuis l’enfance l’hypervigilance, l’acuité sensorielle, l’hyper-empathie, les émotions submergeantes, les émotions amplifiées dans les deux sens, le sentiment global de fragilité émotionnelle, le vécu d’une charge mentale extrême et chronique, la méfiance, le sentiment de vide, le sentiment de solitude, le ressenti d’abandon, etc, nous pouvons mentionner :

Quand l’enfant devient le parent de son parent…

Avertissement : abus émotionnel du parent – inceste moral

Quand l’enfant devient le parent de ses propres parents… C’est un abus!

Il m’apparaît que l’un des schémas relationnels les plus invisibles mais pourtant dévastateurs est celui où un enfant devient, bien avant l’âge adulte, le parent de son propre parent.

C’est beaucoup plus courant qu’on ne le croit.
Et les enfants victimes de ça pensent être dans l’amour alors qu’elles baignent dans une relation toxique ou le parent est un abuseur caractérisé.

C’est l’une des composantes du climat incestuel et dont la conséquence est l’inceste moral.

La parentification de l’enfant est une inversion des rôles qui se fait souvent
en douceur, presque  »naturellement », sous l’effet d’un contexte familial dysfonctionnel où l’enfant n’a pas le choix : il doit endosser une charge affective qui n’est pas la sienne.

Et je le redis, je me suis aperçu au fil des consultations, que ce phénomène touche bien plus de personnes qu’on ne le pense.
Ce sont par exemple ces enfants qui, très tôt, ont dû consoler un parent en souffrance, s’effacer pour ne pas créer de vagues, jouer le rôle du confident, de l’apaisant, parfois même du protecteur.

L’emprise affective parentale, cet  »amour » qui enferme l’enfant-adulte

Un départ à notre pensée: l’amour parental est censé être un socle, une base sécurisante qui permet à l’enfant de grandir, de s’épanouir, puis de s’émanciper en tant qu’adulte. Ok. Mais il arrive, et bien plus souvent qu’on ne le croit, que cet amour, au lieu de soutenir, enferme. Et pas qu’un peu… Car un parent peut parfois (sans même en avoir conscience) maintenir un lien de dépendance affective avec son enfant, ce qui l’empêche d’exister pleinement par lui-même au final.
Je me suis aperçu, au fil des consultations, que cette emprise affective peut prendre plusieurs formes. Parfois elle est ouverte et visible à travers des phrases culpabilisantes du style « après tout ce que j’ai fait pour toi… » ou encore « si tu m’aimais vraiment, tu… », etc. Mais bien souvent, l’emprise affective est plus insidieuse, faite de regards lourds de reproches, de soupirs appuyés, d’une détresse affichée dès que l’enfant prend un peu de distance.
Combien de discours autour de Noël ou des vacances ai-je entendu sur ce thème… Combien de ruminaions enclenchées sur les  »devoirs » à accomplir pour ses parents, les appels téléphoniques subis, les messages auxquels on répond sans envie, etc…
Un exemple d’une jeune femme: »à chaque fois que je veux partir en vacances, ma mère me dit qu’elle ne va pas bien ou alors c’est là qu’elle m’annonce
qu’elle a besoin de moi pour l’aider sur un truc pile sur la période concernée! Si je pars je culpabilise et si je reste je suis en colère. »
Ce qui s’exprime ici à mon sens c’est le piège affectif invisible dans lequel elle est prise: un chantage émotionnel non dit mais omniprésent qui lui interdit de vivre pour elle-même…

Peut-on s’autoriser à s’éloigner d’un ou des parents sans être un  »monstre »?

Il m’apparaît que l’une des questions les plus complexes et les plus douloureuses que se posent certains patients est la suivante : « Ai-je le droit de prendre mes distances avec mon parent sans être une mauvaise personne? ».
Cette interrogation est souvent remplie de culpabilité, comme si remettre en question le lien filial était une transgression absolue, un interdit moral…
Et c’est là que les victimes d’abus, qu’elle que soit la nature de l’abus, activent à plein leurs modes défensifs adaptatifs à la toxicité parentale et en arrivent à perdre de vue les dits abus subis. Et pourtant, à l’âge adulte, dans bien des configurations familiales, le lien avec un parent peut être une source de souffrance permanente, un fardeau qui pèse sur l’équilibre psychique bien plus qu’il ne nourrit… Je me suis aperçu au cours des années que ce dilemme est particulièrement fort chez des personnes qui ont grandi sous l’influence d’un parent fusionnel, hyper-exigeant, intrusif ou manipulateur, qui par exemple ont fait de l’amour un échange conditionnel: « Je t’aime si tu fais ce que j’attends de toi. » Dès l’enfance, ces personnes ont intégré que l’amour filial n’était pas un espace de liberté, mais un devoir, une sorte de dette à rembourser. Et en grandissant elles se retrouvent alors prises dans un paradoxe: rester proches du parent signifie subir des dynamiques toxiques mais s’en éloigner signifie porter le poids insoutenable de la culpabilité.

Somatisation: quand l’esprit parle avec des maux que l’esprit ne peut pas dire

Je croise régulièrement des personnes qui traversent des années d’errance médicale sans qu’aucun examen ne puisse expliquer ce qu’elles ressentent: par exemples fatigue persistante, migraines récurrentes, douleurs abdominales inexpliquées, palpitations soudaines, oppressions thoraciques, tensions musculaires diffuses ou encore insomnies chroniques.
D’autres font face à des troubles plus spécifiques comme une chute de cheveux continue (alopécie), des douleurs pelviennes inexpliquées, des cystites à répétition qui ne révèlent aucune cause organique, ou encore pour d’autres des troubles digestifs handicapants malgré des analyses normales.
Ce sont tous des symptômes bien réels, souvent invalidants, qui pourtant échappent à toute explication médicale traditionnelle.
C’est à ce moment-là qu’une autre hypothèse mérite d’être envisagée : celle de la somatisation.
La somatisation ne signifie pas que la douleur est « imaginaire » ou « exagérée ».
Bien au contraire, c’est une véritable manifestation corporelle qui traduit une charge psychique non résolue, une douleur émotionnelle qui s’est enkystée et que le corps exprime à sa manière.
Je me souviens d’une patiente qui pendant des années a souffert de crises de tachycardie violentes. Chaque fois qu’elle participait à certaines discussions son cœur s’emballait à un point tel qu’elle était persuadée d’avoir un problème cardiaque grave. Après des consultations et des examens approfondis, les médecins lui ont assuré que son cœur était en parfaite santé. Mais son corps, lui, réagissait comme s’il était en danger de mort.

Avec le temps tu finiras par oublier ton traumatisme… NON!!!

Le traumatisme s’ancre profondément, comme une sorte de trace brûlante dans l’inconscient et dans le corps et, chose que je trouve immensément cruelle pour la victime, il ne se dilue donc pas dans les jours qui passent.
Pour certaines victimes, quand il ne brûle pas directement, au mieux il couve, il hiberne quelques temps si je puis dire pour souvent d’un coup se réactiver par exemple à travers des sensations, des peurs inexpliquées, des cauchemars ou une hypervigilance permanente (comme si la menace n’avait jamais réellement disparu).
Gardons à l’esprit que ce qui caractérise le traumatisme, ce n’est pas tant le souvenir de l’événement que la façon dont il reste bloqué dans un présent perpétuel, échappant au processus naturel d’intégration (historisation) qui permet habituellement de reléguer les souvenirs difficiles au passé.
J’ai souvent entendu des patients me dire, à peu de choses près : « je sais que c’est fini, que c’est du passé ce qui m’est arrivé, mais une part de moi semble

La puissance des petits gestes

Nous vivons dans un monde où tout va vite.
Suivant les cas, entre les obligations professionnelles, les responsabilités familiales, les contingences multiples et nos propres défis personnels, il est parfois difficile de lever la tête pour vraiment regarder ce qui se passe autour de nous. Nous avons tous des jours où nos forces sont limitées, où même le simple fait d’affronter la journée semble déjà une montagne à gravir.
Alors, comment trouver encore l’énergie d’être là pour les autres?
Gardons peut-être à l’esprit que les gestes qui comptent ne demandent pas toujours une force surhumaine. Souvent il ne s’agit pas de résoudre les problèmes des autres, ni même d’essayer de les comprendre totalement.
Parfois, être là, simplement, est suffisant.

Il n’y a pas de prescription pour les victimes d’abus!

Il n’y a pas de prescription pour les victimes d’abus : l’histoire ne se termine jamais vraiment.
J’ai eu un échange hier avec un individu qui critique la destructivité manifeste (alcool et autosabotage) d’une autre personne. Je souligne qu’il est connu que cette dernière a été abusée à l’enfance. L’autre me dit d’un ton catégorique :  »bah il est temps qu’elle passe à autre chose, de l’eau a coulé sous les ponts depuis, non? ».
J’ai répondu  »non ».
Car ce n’est pas une question de volonté.
Je le répète : ce n’est pas une question de volonté !
Beaucoup de personnes ayant subi des abus dans leur enfance portent en elles une souffrance qui ne se guérira jamais entièrement avec le temps. Et cela, même si elles semblent avoir «tourné la page» à l’extérieur. Que ce soient par exemple (il y en a bien d’autres encore), des abandons, des violences physiques, de l’abus narcissique, des violences sexuelles, un climat incestuel ou incestueux, ou encore être témoin de violences conjugales, ces blessures profondes continuent de se manifester à travers les décennies. Il n’y a pas de répit.
Ce que beaucoup semblent oublier ou ne pas savoir, c’est que le traumatisme n’a pas de date de péremption. Il s’installe, se cache et surgit parfois des années plus tard dans une sorte de tourbillon invisible.

Les résolutions annuelles: pourquoi elles échouent

Notre cerveau, cet adorable petit organe, a du mal avec les grands changements. Il aime la régularité et l’habitude, ce qui veut dire que de passer de « je ne fais rien » à « je fais à fond » peut être un poil trop ambitieux. 
On le sait, mais j’insiste encore, la volonté seule ne peut la plupart du temps pas suffire à contrer des années d’habitudes.
Je vous propose directement ici 4 points qui peuvent aider à faire tenir les résolutions de janvier :

Se moquer de ceux qui se font arnaquer (faux Brad Pitt)…

L’histoire de cette femme arnaquée par un faux Brad Pitt illustre un phénomène bien plus universel qu’il n’y paraît : la tendance humaine à juger autrui pour valoriser sa propre position.
Les réactions moqueuses et parfois cruelles que l’on observe sur les réseaux sociaux révèlent un besoin de se sentir supérieur face à une erreur perçue comme « stupide ». Mais derrière cette façade se cache une méconnaissance des mécanismes de manipulation psychologique. L’histoire de cette femme arnaquée par un faux Brad Pitt illustre un phénomène bien plus universel qu’il n’y paraît : la tendance humaine à juger autrui pour valoriser sa propre position.
Les réactions moqueuses et parfois cruelles que l’on observe sur les réseaux sociaux révèlent un besoin de se sentir supérieur face à une erreur perçue comme « stupide ». Mais derrière cette façade se cache une méconnaissance des mécanismes de manipulation psychologique.